INTÉGRER UNE ECOLE D'ANIMATION- l'épreuve de storyboard


L'épreuve de storyboard occupe une place importante dans les modalités de sélection de la plupart des écoles d’animation. Aussi est-il préférable de vous entraîner et de comprendre les attentes des jurys.  Leurs critères sont : qualité du cadrage et de la mise en scène, cohérence de la narration, qualité graphique et esthétique, pertinence de l’argumentation.

Pass Art vous apporte quelques conseils :

Cette épreuve, quand elle est sur table, dure en moyenne 2 heures. C’est court. Aussi faut-il dès aujourd’hui, s’entrainer. Texte à illustrer ou thème à développer, il s’agit dans tous les cas de raconter une histoire en image. Le storyboard permet d’expliquer visuellement une histoire et de la mettre en scène.

Comment faire ?

1-      Le sujet est un texte : Lisez une première fois le texte. Identifiez l’essence principale du texte. Puis relisez plusieurs fois le texte en vous attachant aux détails qui vous permettent de construire votre projet. Pass Art conseille à ses élèves d’utiliser des surligneurs de couleurs différentes selon le lieu- l’action- l’ambiance -les personnages. Cette étape constituera la base de votre scénario. Détaillez au maximum cette analyse avant de revenir à une synthèse par des mots clefs- mots outils.

2-     Le sujet est un thème- une citation : Selon le procédé de la carte mentale construisez le squelette de votre histoire. En vous appuyant sur votre mapping (cf ouvrage Pass Art pour ENSBA- ) posez par écrit votre idée puis définssez clairement votre message. Cette étape est fondamentale, elle est la base de votre scénario. Un conseil :  ayez une vision globale de votre scénario puis enrichissez-le ; Déterminez l’histoire,  les lieux, les personnages ..

 3-     Cette première étape, vous permettra  alors, de justifier vos choix de votre composition- de la couleur- de l’écriture – de la lumière. Ne l’oubliez pas, le storyboard est un document de préproduction; Il s’agit avant tout de donner une vision de la mise en scène du projet.  A chaque point identifié comme singulier, notez par quel moyen vous allez le mettre en évidence : composition (plans) harmonie colorée-détails…

 4-     Sur une feuille blanche, établissez votre « chemin de fer ».Prévoyez entre 4 et 8 images maximum (quand le nombre ne vous est pas imposé dans le sujet). Le nombre de cases dépend de ce que vous souhaitez raconter.  Ne vous contraignez pas en définissant en amont le format de vos cases. Cela vous permet d’adapter le format de la case selon votre composition, Le message que vous voulez faire passer. Travailler sur des post It de format différent. Cela vous permettra une plus grande flexibilité. Pensez-y ! Cette étape de recherche est essentielle. En vous ne contentez pas de la première idée. Développez plusieurs recherches autour d’une même idée. Pensez aux jeux d’ombre et de lumière. Si vous n’êtes pas sûr de parvenir à les traduire graphiquement, le son, la lumière… peuvent être évoqués par des annotations.

 5-     Le texte a bien entendu, son importance. Appuyez-vous sur vos mots clefs. Faites bien évidemment attention à l’orthographe, au rythme de votre syntaxe.

6-     Votre contenu est défini, et vous satisfait ? Il est temps de travailler l’harmonie colorée- le médium -la qualité du trait et enfin l’intégration du texte à l’image si besoin. 

 Un storyboard est bien plus qu’un texte illustré. Il permet de définir une « direction artistique ». C’est avant tout un dessin. Aussi gardez en tête la nécessité de développer tout ce qui compose votre univers : les décors, les objets principaux, les personnages, l’action, l’éclairage, le son, le point de vue…Ce travail est essentiel pour proposer une histoire cohérente qui permettra à votre jury de comprendre votre choix de « direction artistique ».

En deux mots, 4 étapes :

1.     Lecture du texte pour identifier le squelette de storyboard

2.     Recherche des mots clefs qui permettront de justifier couleur-composition-décor-détail -textes…

3.     Recherches graphiques multiples pour exprimer chaque idée « chemin de fer »

1.     Réalisation finale de chaque séquence en prenant soin de justifier ses choix plastiques et de composition.

Pour aller plus loin :

Interview de l’un de nos intervenants lors de l’un de nos stages: https://www.youtube.com/watch?v=cvCz3bzzB1M&t=1s

Exemple de sujet 2016 – Les Gobelins

SUITE DE 5 IMAGES, dans un format A4, techniques libres (dessins, collages, illustrations, photos …),  noir et blanc ou couleurs, à partir du texte suivant :

 […]L'araignée fonça sur lui dans l'ombre des étendues sableuses, tricotant furieusement de ses pattes immenses. Son corps ressemblait à un œuf gigantesque et luisant qui tremblait de toute sa masse noire tandis qu'elle chargeait à travers les monticules privés de vent, laissant dans son sillage des ruissellements de sable. L'homme en resta paralysé. Il vit l'éclat lumineux des yeux de l'araignée. Il la regarda escalader une brindille de la taille d'un rondin, le corps haut perché sur ses pattes que le mouvement rendait floues, jusqu'à atteindre le niveau des épaules de l'homme. […]

 Extrait de L'homme qui rétrécit,  Richard Matheson.  Ed. Folio SF (11 octobre 2000).

Vous attacherez un soin particulier aux cadrages, aux postures des personnages, aux choix esthétique et graphique ainsi qu’à la cohérence de votre narration.Au dos de cette composition vous rédigerez de façon claire et concise, ce qui a motivé vos choix de formes, de couleurs, de composition, de techniques, etc....

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