Une avant gardiste au service du design et l'architecture: C. PERRIAND


Charlotte Perriand fait partie de ces femmes trop souvent méconnues des jeunes générations. Et pourtant, lors du dernier stage “book- concours” de Pass Art,  un  seul élève sur 33 connaissait  cette artiste définitivement ancrée dans le XXème siècle. La station de ski les Arcs, c’est elle !

Engagée socialement, à l’énergie débordante, Charlotte Perriand a côtoyé les plus grands. Née en 1903 elle grandit dans un milieu familial qui, dès  son enfance, contribue à booster sa créativité et son goût pour la matière. Sa mère était couturière et son père tailleur. Diplômée de l’ENSAD en 1925, elle monte sa propre agence qu’elle a dirigée pendant 10 ans. Sa première exposition, lors du salon d’automne de Paris en 1924, va lui permettre de rencontrer Le Corbusier et Jeanneret avec qui elle va très vite travailler en tant qu’associée en charge du mobilier. Cette complicité se ressent à travers les travaux des uns et des autres. Elle va, notamment, contribuer à apporter aux projets de Le Corbusier, une nouvelle dimension humaniste et contourner la « froide intelligence » qui caractérise entre autre cet architecte hors pair.  C’est grâce à cette collaboration qu’elle va renforcer sa technicité, ses références et son savoir. En atteste le projet de sa vie : la station des arcs « ou le génie créatif au service de l’art de vivre à la montagne »

En effet, Charlotte Perriand de 1967 à 1989 va consacrer plus de vingt ans au développement de ce projet totalement avant-gardiste. À cette époque, la démocratisation des sports d’hiver bat son plein et les projets de création de stations de ski se multiplient. Entre ère industrielle et avènement des congés payés, les français découvrent la montagne et ses loisirs et il faut faire face à une demande croissante.

FOCUS SUR UNE ŒUVRE

N’oublions pas que Charlotte Perriand, dès les année 30, a imaginé la station de ski parfaite. En effet elle-même alpiniste et montagnarde,  cette vallée de la Tarentaise elle la connait !  Elle a conçu son propre chalet à Méribel en 1946/48.  Mais c’est sur ce site vierge de la Tarentaise qu’elle a saisi l’opportunité de concrétiser son projet  et de révéler son talent de visionnaire: Elle va imaginer une station de sport d’hiver intégrée, résolument révolutionnaire,  avant gardiste et à l’image de ses valeurs humanistes.

-          Absence totale de voiture  « Je prônais comme toujours l’intégration : architecture-équipement-environnement, mettant en valeur une volumétrie intérieure faite d’harmonie, en rapport avec le paysage de la montagne, toujours présente, superbe », explique-t-elle

-          Un agencement au service de tous : Disposés en peigne, les bâtiments sont implantés perpendiculairement à la pente pour optimiser les vues. Les terrasses sont surélevées, décalées les unes des autres pour gagner en intimité. Guidé par la volonté d’un nouvel art de vivre à la montagne, l’aménagement intérieur est un concentré d’inventivité.

-          Les appartements n’ont d’autres vis-à-vis que celui de l’immensité des montagnes. Les vues généreuses sont inspirées par celles des chalets et refuges  que Charlotte Perriand a fréquentés lors de ses multiples randonnées.

-          Tout est pensé en fonction des usages : cuisines ouvertes,  banquettes tournées vers l’extérieure, isolation phonique avec un revêtement en crépis….

« A travers l’ensemble de ses propositions et réalisations, on lit à la fois la continuité de ses préoccupations antérieures et l’aboutissement de ses recherches dans différents domaines : la montagne, loger le plus grand nombre (ici pour les vacances), la préfabrication, l’équipement de l’habitation, les arts ménagers… » Catherine Clarisse MG Galerie 2016.

Charlotte Perriand c’est le design, la conception architecturale, la rationalisation de l’espace, le mobilier aux multiples inspirations, mais c’est aussi les rencontres. Cette artiste a côtoyé les plus grands (Jean Prouvet). Ces nombreuses rencontres vont certes, tout au long de sa carrière – elle décédée en 1999- non seulement influencer son oeuvre mais également générer un véritable renouveau des valeurs esthétiques ; une impulsion nouvelle et moderne au design.

Pour aller plus loin :

https://www.ina.fr/video/CPD10002453

Une vie de création- Odile Jacob

L’aventure Japonnaise

Commentaire