L'ART VIDEO EN QUELQUES MOTS


La vidéo est un outil qui se caractérise par sa légèreté et son immédiateté.  Certes la vidéo est « la fille » du cinéma et de la télévision, mais à la différence  du cinéma et de la télévision, la vidéo n’a pas besoin de canaux de diffusion complexes : Elle nécessite l’emploi d’un instrument (caméra-smartphone…) et d’un support de diffusion (projecteur et écran). La vidéo est donc, avant tout, un outil et un matériau. Mis entre les mains d’artistes, de plasticiens, de chorégraphes…la vidéo devient un art dans les années 60. Rappelons que des artistes tels que Luis Buñuel ou encore Salvador Dali s’étaient également emparés du procédé cinématographique dès les années 30 (Un chien andalou 1929).

Dans les années 60, les progrès technologiques et le développement de la télévision, vont inciter les artistes à s’affranchir des catégories traditionnelles d’expression plastique et vont inventer un « nouveau langage artistique ». La commercialisation du 1er système d’enregistrement vidéo portable par Sony en 1965 va aussitôt dynamiser ce mouvement. Les artistes possèdent désormais les moyens techniques pour enregistrer leur performance et leur action. Ils exploitent aussi bien le son et que l’image pour soumettre le spectateur à toutes sortes d’expériences sensorielles. A cette époque vidéo et cinéma restent extrêmement liés.  A titre d’exemple ,Jean Luc Godard, en mai 68, en déconstruisant la structure narrative et traditionnelle du ralenti va approfondir les potentialités de ce médium au regard du cinéma.

L’art vidéo intimement lié au progrès technologique, depuis les années 60 n’a cessé d’évoluer. Internet, la démocratisation des logiciels de montage, de modélisation…. Sont autant d’outils qui permettent d’élargir toujours et encore la palette des artistes.  Aussi l’art vidéo aujourd’hui est particulièrement protéiforme.

Les spécificités de ce médium

Comme nous l’avons vu, l’art vidéo partage des points communs avec le cinéma et la télévision. Mais quelles en sont les différences ?

Le rapport à l’image :

·       Interrogation sur l'image: En effet de part sa simplicité d’utilisation, de projection… l’art vidéo interroge en permanence le statut de l’image et " pose un  regarde critique sur notre quotidien et notre environnement médiatique » 

·       Interrogation sur le réel et l’imaginaire : L’outil vidéo permet également d’explorer des mondes imaginaires et de jouer avec les spécificités de l’image en mouvement en jouant avec les pixels, les mosaïques, la vitesse….

·       Interrogation sur le mode de représentation : images réelles, animation 2 D, 3D, stop motion….

·       Interrogation sur le support : multiplication des vecteurs d’images (internet, système de surveillances…)

Le rapport au temps

·       La durée temporelle dans l’art vidéo est essentielle. En effet comme les cinéastes, les artistes peuvent jouer sur la durée, mais ils disposent d’une beaucoup plus grande souplesse et peuvent facilement en accentuer les effets. Répétition en boucle, accélération ou ralenti extrême.

·       La construction narrative : comme dans l’art abstrait ou conceptuel, la recherche plastique des artistes peut dérouter car elle ne correspond pas à nos codes de représentation habituelle. La vidéo permet d’appréhender les images de manière non seulement différente mais souvent inédite.

·       Le rapport aux arts : la vidéo permet en toute liberté d’exploiter aussi le son, le texte et bien souvent elle est associée à d’autres arts : danse, théâtre, performance…

Le rapport au spectateur

Il est rare que l’oeuvre vidéo n’intègre pas le point de vue du spectateur. Comment ?

Bien évidemment le dispositif et les conditions d’exposition en sont  le principal outil. En effet le vidéo intègre un ensemble de conditions dans sa démarche artistique :

·       visuelle et sonore:  installation monumentale, accumulation d’écrans.

·       Jouer sur la luminosité de la salle, la distance du spectateur

·       Le mode de protection, l’emplacement du spectateur…

Quelques artistes :

Nam Jun Paik (coréens) : considéré comme le pionnier de l’art vidéo et l’on retiendra son installation de 1963 pour sa 1ère installation de « mur vidéo ». Il va dès les années 60 orienter ses recherches et expérimentations au travers de la déformation, l’étirement des images, jouer sur la matière vidéo plastique.

Jean christophe Averti ((français) va également dès le milieu des années 60 avec d’autres artistes créer son « premier laboratoire »  avec la société de production « vidéo ».

C’est essentiellement avec les artistes américains de la « deuxième génération » dans années 70 avec des artistes tels que Gary Hill, Bill Viola, John Sanborn…que le public et les institutions vont découvrir les possibilités de la création vidéo.

L’art vidéo évolue très vite et toujours et encore de nombreux artistes aujourd’hui ne cessent d’explorer les innombrables possibilités qu’offre ce matériau et cet outil : Pipilotti Rist, Douglas Gordon, Matthew Berney, Robert Cahen, Paola Rosa, Michel Jaffrenou, Sylvie Blocher….

L’art vidéo intimement lié au progrès technologique : depuis les années 2000 il n’a cessé d’évoluer. Internet, la démocratisation des logiciels de montage, de modélisation…. sont autant d’outils qui permettent d’élargir toujours et encore la palette des artistes.  Aussi l’art vidéo aujourd’hui est particulièrement protéiforme. La vidéo est devenue aujourd’hui le moyen de communication et de création le plus rependu à l’échelle de la planète grâce à internet. De nouvelles formes ne cessent de voir le jour au fur et à mesure de l’innovation technologique. L’art vidéo est donc un art du temps.  Bien évidemment l’art vidéo n’aurait pu se développer sans l’appui de galeries, de musées qui ont mis dès les années 60 à l’honneur cette nouvelle pratique.

Pour aller plus loin : histoire du visuel du XX siecle de Laurent Gervereau

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