Quand Sophie Calle fait de sa vie, son oeuvre.


Depuis le 13 octobre et jusqu’au 22 décembre 2018 vous pourrez découvrir le dernier travail de Sophie Calle à la galerie Perrotin au 76 rue de Turenne Paris 3ème. Pass art a décidé, aujourd’hui, de vous faire découvrir cette artiste plasticienne, réalisatrice, et écrivaine à la fois. Née en 1953 à Paris , depuis plus de 30 ans elle fait de sa vie la matière de son œuvre et la partage avec le public. En témoigne une fois encore cette dernière exposition « Souris-Calle ». Le point de départ de cette exposition est la mort de son chat « Souris » en 2014. Une fois encore, en demandant à une quarantaine d’artistes tel que Bono, Miossec, Farrell William, Juliette Armanet et tant d’autres de composer un morceau en hommage a son chat, elle s’interroge sur la relation texte - image.  « mon outil ce sont les éléments de ma vie » s’amuse-elle à dire. S’amuser !!! L’humour est incontournable dans son œuvre. Cette dernière exposition autour de la mort n’est que la suite d’une série : après avoir réalisé un projet dont le point de départ a été la mort de sa mère, c’est le décès de son père qui fut à l’origine de l’exposition au musée de la chasse à Paris en 2017 . Ce père, grand collectionneur d’art contemporain qui, dit-elle, est à l’origine de ce choix d’être artiste. C’est pour lui plaire qu’elle est devenue artiste. Travailler sur la mort des autres c’est aussi travailler sur sa propre mort.

Son chat, son père, les passants…. Sophie Calle depuis ses débuts, avec ses « filatures parisiennes » en 17978-79,se plait à utiliser les autres comme moteur.  EN 1979, elle expose  « les dormeurs ». Elle demande à des personnes connues (Fabrice Lucchini s’est prêté au jeu) ou inconnues, d’occuper son lit pendant 8 heures d’affilé.  Pour chaque dormeur, Sophie Calle prend des notes à propos d’un détail, prend des photos…. Utiliser les autres comme matière première de ses œuvres pourrait remonter à « la suite vénitienne » ou elle décide de prendre un homme en filature jour et nuit. Cette expérience sera suivie de « l’hôtel » ou pendant 3 semaines Sophie Calle se glisse dans la peau d’une femme de chambre dans un hôtel vénitien, pour photographier les traces de passage des clients. La même année cette artiste hors pair exposera « Filature » ou elle demande à sa mère d’engager un détective privé pour qu’il la suive à son insu.  

S’interroger sur l’identité de l’artiste, sur la vérité, sur la perception reste au cœur de ses intentions. « Les aveugles » en 1986 en atteste : elle demande alors à 18 non-voyants de naissance quelle est, selon eux, l’image de la beauté. Puis en couleur, avec des notes et un portrait de chacun,  elle donne vie à leur réponse.

Pour raconter sa propre vie ou celles des autres, Sophie Calle utilise une multitude de supports : vidéos, récits, films, photos…, textes, enregistrements et même le multi média. En effet en 2007 après avoir reçu un mail de rupture achevé par « prenez soin de vous » elle demande à 107 femmes d’analyser ce mail selon un langage professionnel (avocat, danseuse, psychologue…) Sophie Calle un fois encore à solliciter ces femmes avec une empathie totale en gardant leur personnalité et met en scène leurs réponses de manière unique et singulière.

De son propre chat, en passant par l’inconnu dans la rue ou encore par des personnalités connues et reconnues, Sophie Calle touche par l’étrangeté de son œuvre, par sa capacité à dénicher dans les détails de nos vies, une histoire à raconter.

https://www.perrotin.com/fr/artists/Sophie_Calle/1#news

https://www.youtube.com/watch?v=5bIuafj6vYs&t=1256s

https://www.youtube.com/watch?v=W_RvGKydn-U&t=4356s

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